De la revendication par la violence.

Réflexions sur sa légitimité et son emploi.

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Je précise par avance qu’il n’y a aucun sous-entendu ou lecture entre les lignes à avoir. Les exemples sont théoriques, et toute ressemblance avec un fait ou une situation d’actualité ne pourrait être que fortuite.

Des gens m’ont de nombreuses fois soutenu qu’aucune violence n’est légitime, et  qu’elle décrédibilise toutes revendications.

Je pense que la violence est la continuité de l’expression d’une souffrance lorsque celle-ci ne trouve aucune oreille.

Autrement dit, dans le cas où une ou plusieurs personnes sont en souffrance, voir en danger, voir en danger de mort, si l’expression de ces souffrances ou de ces dangers ne suscite aucune réaction empathique suffisante pour alléger ces souffrances ou réduire ces dangers, il me semble légitime d’user de la violence pour se faire entendre.

Métaphoriquement, si une foule vous piétine, et que vous avez la chance d’avoir une arme, vous en servir pour survivre est je le crois, légitime.

De la même manière, si une majorité de personne dans un groupe auquel vous appartenez estime que vous devez souffrir, vous aurez toute légitimité à mes yeux à user de violence pour sortir de cette fâcheuse posture.

Où sont les bornes ?

La violence est diabolisée comme un moyen illégitime dans de nombreux mouvements, médias, etc. Mais c’est parce qu’elle est considérée comme chaotique, sans limite,  au-delà d’un extrême, et donc, incadrable et irrégulable.
Je pense au contraire que situer la violence au-delà de l’horizon des réflexions légitimes empêche sa régulation. Il peut très bien y avoir une approche tactique et stratégique de la violence.

La violence n’a pas à être sadique, il ne faut pas que la réaction à sa propre souffrance ai pour objectif une forme de vengeance. Elle ne doit commencer que si toutes les autres formes d’expressions et de revendications ont été usée, et stopper dès lors que les souffrances sont atténuées.

Elle doit être ciblée. C’est la source de la souffrance qui doit être visée, pas autre chose. Pas même une chose similaire ou ressemblante. Pour reprendre notre métaphore du groupe votant votre souffrance, la cible est ceux qui ont voté « pour », pas les autres.

Elle doit être utilisée pour interpeller des individus qui sont en mesure de comprendre les revendications légitimes préalables ET la charge psychologique de l’expression violente qui s’ensuit. Si cela ne fait que sidérer, aucune chance que l’autre ne devienne empathique, ou ne comprenne l’expression violente. Cependant, je nuancerais tout de même ici; un groupe d’individu qui choisit volontairement de vous faire souffrir n’a à mon avis que peu de chance de changer d’avis sans être rendu incapable d’exercer sa force.

Elle doit être progressive. On ne commence pas par tirer dans le tas. Une fois qu’on a dit, on peut crier. Une fois qu’on a crié, on peut hurler. Puis casser. Puis cogner. Etc. Le point étant que si on respecte le fait que l’objectif final est d’être entendu dans sa souffrance, alors on est dans le juste.

Enfin, je préciserais que je pense que la fuite est préférable à l’affrontement, si vous êtes en mesure de reconstruire vos acquis ailleurs, et que l’affrontement n’a pas vocation à vous poursuivre. Ce qui est rarement le cas dans le cadre des luttes.

J’espère que ce billet vous aura plu et provoquera des réactions, et des débats. Je suis bien entendu motivé pour compléter, ou même faire un second billet, si mon avis sur la question évolue.